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DERNIÈREMENT : Lettre de Monsieur Abdelhamid HAKKAR, détenu au CP de Clairvaux- 10310 Ville-sous-Laferté, à Pascal CLÉMENT, Ministre de la justice, 13 Place Vendôme 75001 Paris . Les « perpétuités » de Clairvaux réclament le rétablissement effectif de la peine de mort
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Le Journal

Adresse postale : 43, rue de Stalingrad 93100 Montreuil.

L’ Envolée est un journal critique du système carcéral et judiciaire, et du monde qui le génère. Ce n’est pas le premier, ni le seul ; il s’inscrit dans l’histoire de la critique sociale abordée sous l’angle du châtiment, de la discipline, de la prison.
Les textes publiés viennent à la fois de l’intérieur et de l’extérieur de la détention. S’attaquer à l’enfermement, c’est forcément s’en prendre aussi à tout ce qui fabrique, réforme, perfectionne le contrôle social hors des murs des prisons : le formatage des « citoyens » dès le plus jeune âge, le salariat précarisé ou à perpète, l’urbanisme qui flique les villes et quadrille les espaces sont bien le pendant de la construction des prisons. L’enfermement carcéral joue un rôle social de repoussoir ; il produit une peur nécessaire au maintien de cette société. En ce sens, c’est bien plus qu’une simple répression, qu’un moment de contrôle, de sanction des actes « délictueux » ; c’est un ciment nécessaire à l’État pour permettre au capitalisme de continuer à se développer dans ses nouvelles formes.
Ce journal participe d’une réflexion, d’une dynamique qui transforment les mots en luttes. Il est essentiel de publier des récits et des témoignages de l’intérieur, in extenso ou par extraits, pour mettre concrètement en relation les questions du sécuritaire, de l’enfermement, du droit, du système pénal avec les autres luttes sociales.
Un des problèmes actuels n’est pas tant l’absence de débat au sujet de l’« horreur carcérale » que les points de vue d’humanistes et de sociologues qui défendent l’idée d’un enfermement à visage humain. Nous ne sommes pas les porte-parole de ceux que la prison relègue au rang de muets sociaux : les prisonniers écrivent, réfléchissent, résistent... Nous ne voulons pas penser et nous battre à leur place mais avec eux.
Nous ne sommes pas subventionnés et nous ne recevons d’argent d’aucune organisation pour garder notre autonomie. Nous fabriquons nous-mêmes nos outils, et nous recevons parfois l’aide d’amis et de personnes qui disposent de matériel.
Nous sommes à la recherche de ceux qui auraient envie de participer à cet effort pour nous permettre de continuer à exister par leurs contributions. Au-delà de la fabrication, la distribution du journal reste difficile, coincée entre la censure acharnée de l’administration pénitentiaire et les contraintes marchandes du réseau officiel de la presse. Un journal est fait pour être lu ; la diffusion de l’Envolée reste déterminante pour notre activité : constituer un outil de réflexion et de résistance contre cette société qui génère de plus en plus de contrôle et d’enfermement.

Les numeros parus...


MARS 2009 ENVOLEE N°25 EDITO
Et ça continue. On entend encore beaucoup parler de prisons. Les médias relaient largement les déclarations et commentaires de spécialistes en tous genres, parlementaires, experts, syndicats de matons, quelques associations et organismes internationaux... toujours pour décrire certains aspects des conditions de détention : la surpopulation, l’insalubrité - toujours dans le sens de la modernisation humaniste sur l’air du « détenu-citoyen ». Comme si enfermer des hommes et des femmmes (...)


décembre 2008 L’ENVOLEE N° 24 (EDITO)
« Une série de suicides en prison »... Les médias orchestrent un étonnement feint alors que l’on sait parfaitement que depuis de nombreuses années une personne se « suicide » en prison tous les trois jours dans des circonstances troubles.
L’important pour le pouvoir n’est pas tant de cacher un grave problème que d’habituer tout un chacun à cette réalité : comble de l’hypocrisie, plus on déplore ces morts suspectes, plus on les banalise. D’autant que Dati, bien formée aux (...)


Juin 2008 L’ENVOLEE N°23 EDITO
« Le sécurité est la plus grande ennemie des mortels » William Shakespeare
On nous a d’abord appris que la liberté était individuelle : La philosophie des Lumières, l’idéologie bourgeoise, celle de l’économie marchande, a défini la liberté de chacun comme s’arrêtant là où commence celle de l’autre : c’est le fondement du chacun pour soi contre tous les autres, de l’esprit de démerde individuelle, de l’assurance aussi vaine que bornée qu’on s’en sort mieux tout seul, et donc de (...)


février 2008 L’ENVOLEE N°22 EDITO A chacun sa taule Cette année, l’état n’a pas lésiné sur les étrennes : on enfermera plus longtemps, on surveillera et on réprimera plus largement. Même si « les caisses sont vides », ils ne sont pas avares, au gouvernement : pour les jeunes, une nouvelle prison à Orvault, et deux de plus d’ici peu (Meaux et Porcheville) ; pour les prisonniers classifiés dangereux, une cure illimitée dans des centres de rétention de sûreté. Les parlementaires ont signé : vous reprendrez bien quelques (...)

octobre 2007 L’ENVOLEE N°21
(HOPITAL-PRISON,PRISON-HOPITAL)
EDITO
La prison serait-elle en passe de connaître ses derniers jours ? La justice pénale deviendrait-elle un mauvais souvenir, une pratique d’un temps révolu ? Car nous n’avons pas rêvé : nous avons bien entendu le mot « dépénalisation » martelé par le gouv ernement, les parlementaires, les médias... comme si les tenants du pouvoir avaient décidé d’un commun accord de saper un des piliers de leur système économique et politique. Et non, tout faux : ils ont juste décidé de revoir le droit des (...)


juin 2007 L’ENVOLEE N°20
DOSSIER COURS D’ASSISES
EDITO
Pas de changement, une continuité. Les réformes annoncées depuis longtemps vont être votées et appliquées. Dans un contexte antisocial, sécuritaire oblige, un premier lot concerne directement les questions carcérales et judiciaires. Les peines planchers (une peine minimum imposée dès la deuxième infraction du même type) et la restriction de l’excuse de minorité (les mineurs seront jugés comme des majeurs) sont les deux gros chantiers entrepris par la nouvelle garde des Sceaux. Ils ne (...)


mars 2007 L’ENVOLEE N°19
(SPECIAL LONGUES PEINES)
EDITO
Merci à vous, Didier, Laurent, Xavier et André. Merci d’avoir accepté d’être extraits de vos bagnes respectifs pour venir témoigner pour L’Envolée, poursuivie pour diffamation envers l’administration pénitentiaire, ce 19 décembre 2006.
Vous avez réussi à transformer autant que possible cette salle de tribunal en tribune. Personne n’est dupe, les palais de justice ne sont pas notre terrain, et nous n’avons jamais rien à y gagner. Non, il n’y a pas de beaux procès, les règles du jeu (...)


novembre 2006 L’ENVOLEE N°18
SUPPLEMENT : DOSSIER "PREVENTION DE LA DELINQUANCE"
EDITO
La question des prisons revient à la mode. Cette fois-ci, c’est par le biais d’une grande consultation des prisonniers eux-mêmes, de leurs proches et des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, à qui les associations réformistes chapeautées par Badinter ont demandé leur avis sur les conditions de vie en détention. Les réponses que nous avons pu lire dans la presse sont aussi timides que les questions : même si le quotidien derrière les murs est synonyme de promiscuité, (...)


juin 2006 L’ENVOLEE N°17 EDITO
Ils n’y vont pas de main morte, tous ces parlementaires et politiciens : ils votent et tentent d’appliquer l’ensemble de leurs textes censés organiser la vie sociale et économique. Toujours une loi sous le coude pour accentuer et durcir la répression préventive à l’encontre de tout ce qui pourrait représenter l’ombre d’une menace pour le développement du profit ; et si besoin est, on invente les dangers... Côté spectacle, on assure toutes les représentations : les « scandales » (...)


février 2006 L’ENVOLEE N°16
(DOSSIER MINEURS)
ÉDITO
Nous vivons dans une “démocratie” capable de mener des guerres internes pendant que pour le reste du pays, “la vie continue”.
Le printemps des lycéens et l’automne des cités ont été deux mouvements sociaux majeurs dans l’année écoulée. Très différentes, ces révoltes se caractérisent par la jeunesse de leurs protagonistes, l’immense cri de ras-lebol et la volonté de changement dont elles sont porteuses, l’isolement social dans lequel elles se sont déroulées et (...)


octobre 2005 L’ENVOLEE N°15
(SPECIAL QUARTIERS D’ISOLEMENT)
EDITO
Patatrac, c’est la faute à Chirac
Le nez dans le ruisseau,
c’est la faute à Sarko
Le régime se durcit, c’est la faute à Sarko
Les prisons se remplissent, c’est la faute à Sarko
Toujours plus de précarité,
Des caméras partout,
On expulse les immigrés,
On traque les squatteurs,
On développe la biométrie,
Les hygiaphones au parloir,
Les nouvelles prisons,
On flique les chômeurs,
On instaure le RMA,
Les pleins pouvoirs aux flics,
Les licenciements à tout-va,
L’Europe des (...)


juillet 2005 ENVOLEE N°14
DOSSIER "VICTIMES"
EDITO
Oui-oui, non-non. La belle affaire. Encore une consultation nationale dont l’extrême-gauche plurielle dit que la grande victorieuse est la démocratie. On ne doit pas vivre dans le même monde ; ce que nous voyons, c’est une continuité dans la politique économique de précarisation d’assistanat contrôlé, la poursuite du vote de lois répressives qui vont désormais s’occuper de la « récidive », de l’enfermement des mineurs...
A l’intérieur des prisons, le durcissement des conditions de (...)


mars 2005 ENVOLÉE n°13
(Supplément sur Clairvaux)
EDITO Ce numéro et son supplément sont presque entièrement constitués d’écrits de l’intérieur ou de familles et proches. Des prisonniers de Clairvaux et de Moulins ont mis en cause concrètement le système carcéral. Tous sont passés en procès suite aux différents mouvements. Le procès en appel des inculpés de Clairvaux et la plainte déposée par ceux de Moulins posent un certain nombre de questions : comment se servir des procès pour les transformer en tribune, comment ne pas se leurrer sur (...)

novembre 2004 ENVOLÉE n°12 « - C’est du bla-bla, tous ces journaux, tous ces écrits... Ça ne sert à rien, ça ne change rien, c’est bon pour les intellos qui n’ont que ça à faire, noircir des lignes. - Ah oui, et comment expliques-tu que les deux plus grosses entreprises d’armement rachètent toute la presse écrite ? Juste pour le plaisir ou parce qu’ils ont bien compris que les mots peuvent être dangereux quand ils sont utilisés à des fins de révolte. - Mais on ne représente rien, personne ne nous entend, tous ces (...)

juin 2004 ENVOLÉE n°11 EDITO Comment est-ce possible ? Comment peut-on se satisfaire d’une victoire électorale de la gauche ou d’une défaite de la droite ? Comment peut-on imaginer que cela puisse être synonyme de transformations sociales, politiques et économiques ? Pendant 20 ans, l’ensemble de la classe politique s’est attachée à détruire les structures collectives qui échappaient à son contrôle, renvoyant chacun chez soi ou sous l’œil de l’État. Ils ont tissé un système juridique et policier qui rend quasi (...)

décembre 2003 ENVOLÉE n°10 EDITO Le gouvernement a profité de la canicule pour réaffirmer sa conception de la responsabilité sociale : si les personnes âgées se retrouvent isolées, si les plus pauvres ne peuvent subvenir à leurs besoins, c’est pas la faute au système, c’est la faute à tout le monde. Qui dit faute dit punition, du coup, tous ceux qui travaillent devront aller gratter un jour de plus, à l’œil, pour apprendre à surveiller son voisin. Il reste quand même surprenant que le gouvernement n’ait pas donné (...)

bientôt disponible ENVOLÉE n°09

janvier 2003 ENVOLÉE n°08 ÉDITO Sécurité, troisième couche. Les gardes à vue de 96 heures, avec un premier entretien avec l’avocat seulement à la 36e heure ; la pose de micros, de caméras de surveillance qui deviennent juridiquement utilisables ; les perquisitions de jour comme de nuit, les écoutes téléphoniques généralisées ; la délation reconnue officiellement et récompensée par des exemptions de peine. Main dans la main, flics et procureurs vont mener leurs enquêtes, appliquant la notion d’associations de (...)

octobre 2002 ENVOLÉE n°07 ÉDITO “ La démocratie, c’est cause toujours ; la dictature, c’est ferme ta gueule. ” Ce vieux slogan se trouve aujourd’hui quelque peu modifié. La démocratie c’est aussi “ ferme ta gueule ”, surtout lorsqu’elle s’est débrouillée pour que plus personne n’ait envie de l’ouvrir. Les ministres en charge de la répression (Intérieur, Justice) se tirent la bourre pour obtenir la médaille de la loi la plus autoritaire : Perben avait ouvert la compétition en juillet avec sa (...)

juillet 2002 ENVOLÉE n°06 ÉDITO C’est reparti pour un tour. Revoilà la droite... en grandes pompes. Et toute la gôche de commencer à se souvenir de ses discours d’antan sur les problèmes sociaux : ils regrettent de s’être éloignés des problèmes économiques des plus modestes, ils essaient de gommer leurs déclarations toutes fraiches au sujet du tout sécuritaire, etc... Ils ne peuvent pas faire oublier que lorsqu’on est défenseur du système capitaliste, on a beau s’être paré d’un masque de réformateur, on travaille (...)

bientôt disponible ENVOLÉE n°05

janvier 2002 ENVOLÉE n°04 ÉDITO
« Il faut faire comprendre aux caïds de banlieue qui sortent des commissariats en faisant des bras d’honneur que la rigolade, c’est fini. » Ces propos ne sont pas tenus par un Le Pen ou un Pasqua mais par Julien Dray, membre de la gauche plurielle, un des fondateurs de SOS Racisme. C’est exactement ce que l’on appelle une déclaration de guerre. Une guerre de basse intensité qui s’est donné toutes les armes nécessaires pour son développement ; l’abrogation quasi intégrale de la loi sur (...)


octobre-novembre 2001 ENVOLÉE n°03 ÉDITO Le numéro 3 de l’Envolée paraît avec un peu de retard par rapport à la fréquence mensuelle prévue : cela est dû d’une part à une activité assez intense qui a largement occupé le petit nombre que nous sommes, et d’autre part à la pseudo-interdiction de la distribution du journal en détention qu’une note interne de l’Administration pénitentiaire signalait de manière tout à fait arbitraire. Depuis le début du mois de septembre, outre quelques interventions dans les manifestations de (...)

septembre 2001 ENVOLÉE n°02 ÉDITO
L’idée du journal L’Envolée est née de la constatation des manques inhérents à une diffusion trop limitée de l’émission de radio du vendredi sur FPP (106.3, de 19 heures à 20 h 30). Des potes sortants, comme Roger par exemple, l’ont confirmé : « Quand on est dans des taules parisiennes, on écoute L’Envolée, mais dès qu’on est transféré en Province, et c’est souvent le cas, on décroche un peu. On a bien sûr quelques nouvelles mais ce n’est plus pareil. » Les quelques personnes qui (...)


très bientôt disponible ENVOLÉE n°01