EDITO
Et ça continue. On entend encore beaucoup parler de prisons. Les médias relaient largement les déclarations et commentaires de spécialistes en tous genres, parlementaires, experts, syndicats de matons, quelques associations et organismes internationaux... toujours pour décrire certains aspects des conditions de détention : la surpopulation, l’insalubrité - toujours dans le sens de la modernisation humaniste sur l’air du « détenu-citoyen ». Comme si enfermer des hommes et des femmmes pouvait être autre chose qu’une violence arbitraire. Comme si on ne savait pas que plus on construit de prisons, plus on enferme de prisonniers. Et comme toujours dans ces grandes déclarations de principe qui n’ont guère changé depuis qu’il y a des prisons, aucune parole, aucun témoignage des premiers concernés. L’interdiction de témoigner pour les prisonniers est d’ailleurs inscrite dans le code de procédure pénale : tout écrit, toute déclaration passe nécéssairement par l’autorisation - et la censure - de l’administration pénitentiaire. Il n’y a guère qu’au moment de leur procès que les prisonniers peuvent dénoncer la police, la justice, la prison... On peut tenter de faire d’un procès une tribune, mais on sait bien que les tribunaux ne sont pas là pour remettre en cause le système pénitentiaire puisqu’ils en vivent ; ils sont là pour distribuer des peines, qui tendent à s’allonger toujours davantage. De plus, l’individualisation savamment distillée dehors comme dedans fait obstacle à toute vision collective de questions qui le sont pourtant. Chacun reste seul avec ses problèmes, ses souffrances, ses geôliers... et puis il y a l’évasion. Sur ce point, l’administration pénitentiaire est on ne peut plus claire : mieux vaut dix suicidés qu’un évadé. Si la justice est un spectacle dans le genre de ceux des jeux du cirque, où les gladiateurs étaient effectivement mis à mort, il ne vise pas à divertir mais à semer la terreur pour que chacun continue à filer droit.
SOMMAIRE
ENTRETIEN AVEC MAX, JANVIER 2009 p 2-7
« T’AS VOULU CHANGER LE MONDE, T’AS PAS PU, MAIS EUX, ILS ONT PAS PU T’Y METTRE, DANS CE MONDE-LÀ »
PRISON : DANGER DE MORT p 8-11
« LOIN DES HOMMES ET TOUT PRÈS DES MATONS »
« JE N’AI PAS ENVIE DE TERMINER MES JOURS ENTRE QUATRE MURS » LETTRE DE SALIM DU CP DE VARENNES-LE-GRAND
« DANS TOUS LES CAS C’EST LA PRISON QUI EST RESPONSABLE DE LA MORT DE SAMIR »
TÉMOIGNAGE DE PRISONNIERS DE VILLEPINTE SUITE À LA MORT DE SAMIR
« POLITIQUE DE LA CAROTTE ET DU BÂTON »
LETTRE DE XAVIER DU CD DE BAPAUME
« NOUS MANGEONS DANS LES COUVERTS DU VOISIN » p 12-13
LETTRE DE MOMO DU CD DE VAL-DE-REUIL
PRIVATISATION DE LA PRIVATION DE LIBERTE SUR LE PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ p 14-16
« BRAVO POUR LES PHOTOS DANS LE JOURNAL, ELLES SONT DROLES » p 17
LETTRE DE DAMIEN DE LA MA DE VILLEPINTE
ENTRETIEN AVEC RITA SUR L’EPM DE MEYZIEUX p 18-19
LE DOIGT DU PLUS FORT p 20
PUNIR PLUS SÉVÉREMENT LES PAUVRES EN EXONÉRANT LES RICHES
« MAIS QUITTE A PRENDRE DES COUPS, AUTANT SE DEFENDRE » p 21
LETTRE DEPUIS LE MITARD DE BOIS-D’ARCY
« IL FAUT QUE TOUT CELA SERVE A QUELQUE CHOSE » p 22
SUR L’ÉVASION DE MOULINS-YZEURE
« MADAME LE MINISTRE... » p 23
LETTRE D’UN INCONDITIONNEL
« IL CRAQUE ET AVOUE QU’IL A FAIT DES FAUX PV » p 23
LETTRE DE PULP DE LA MA DE FLEURY-MEROGIS
« TROIS TROUS DANS UN MUR ET UN PETIT BONHOMME QUI S’EN VA » p 24-26
LE PROCÈS DE L’ÉVASION DE FRESNES
ILS TENTENT DE LUI BRISER LES AILES p 27
L’ISOLEMENT DANS L’ISOLEMENT
DANSE AVEC L’ETAT p 28-31
DÉNONCER L’EXCEPTION JUSQU’À EN OUBLIER LA JUSTICE
ACCROITRE LA CARCERALISATION DE L’HOPITAL PSYCHIATRIQUE p 32-33
ARIÈGE TERRE D’ASILE p 34
CHASSE AUX FOUS NÉCESSAIREMENT DANGEREUX p 35
« QUAND ON TE TRAITE COMME UN CHIEN, TU PEUX FINIR PAR LE DEVENIR... CHIEN SOUMIS OU CHIEN ENRAGÉ »
LETTRE D’UN PRISONNIER DE ROUEN p 35
L’OMBRE SUR LA MESURE p 36-40
LES SUITES DE L’INCENDIE DU CENTRE DE RÉTENTION DE VINCENNES
« ILS ONT DÉCIDÉ DE NOUS DISPERSER DANS PLUSIEURS CENTRES DE RÉTENTION »
LETTRE DE MAMADOU DE LA MA DE FLEURY-MEROGIS
« J’ACCUSE TOUS LES JUGES QUI NOUS ONT JUGÉS DANS DES PETITS BUREAUX »
ENTRETIEN AVEC ANAÏS, COMPAGNE D’UN INCULPÉ DE L’INCENDIE COMME UNE ODEUR DE COLONIE AU TRIBUNAL DE BOBIGNY
COMPTE RENDU DU PROCÈS D’AMADOU LE 26 FÉVRIER 2009
AZF :
UN PROCÈS POUR OUBLIER ? p 41
« LA TORTURE NE S’AMENAGE PAS, ELLE SE SUPPRIME » p 42
SOUSCRIPTION POUR LA PUBLICATION D’UN LIVRE SUR UN PRISONNIER INSOUMIS : THIERRY CHATBI
EMISSIONS DE RADIO, CONTACTS p 43